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Ustensiles de cuisine liste: et ce que changent les matériaux

Pour cuisiner l’essentiel du quotidien, une quinzaine d’ustensiles suffit. Cela comprend une casserole, une sauteuse, une poêle et un faitout pour la cuisson. S’y ajoutent une planche à découper, un couteau de chef, un couteau d’office, une écumoire, une spatule, un fouet, une cuillère en bois, une passoire, un saladier et un jeu de mesures pour la découpe et la préparation. Rien de plus n’est nécessaire pour couvrir la cuisson, la découpe et la préparation.

Les sites qui publient ce type de liste ne s’accordent pourtant pas sur ce qu’ils y rangent. Certains s’arrêtent à ces outils de cuisson et de découpe. D’autres y ajoutent le stockage et la congélation, film alimentaire, sacs et boîtes compris. Le total gonfle sans que cela change ce qu’il faut réellement pour cuisiner un plat.

Cuisson: casserole, poêle, faitout

La casserole sert aux préparations liquides, sauces, soupes ou pâtes. La poêle sert à saisir à feu vif. Le faitout, plus large et plus profond qu’une casserole, prend le relais pour les plats mijotés et les grandes quantités. Une deuxième poêle antiadhésive complète utilement ce trio pour les œufs et les poissons, qui accrochent davantage sur une surface non traitée.

Découpe et préparation

Un couteau de chef couvre la majorité des découpes. Un couteau d’office prend le relais sur les petites pièces, fruits ou légumes. La planche à découper protège la lame comme le plan de travail. Fouet, spatule et cuillère en bois complètent l’ensemble pour mélanger, racler et remuer sans abîmer les revêtements.

Ce que le mot « inox » ne dit pas à lui seul

L’acier inoxydable doit contenir au moins 10,5 % de chrome pour mériter ce nom. Les inox de cuisine en contiennent en général 18 %, d’où le premier chiffre des désignations 18/10, 18/8 ou 18/0. Le second chiffre indique le nickel. Il vaut 10 % dans le premier cas, 8 % dans le deuxième, une quantité négligeable dans le troisième. Un inox 18/10 se compose donc d’environ 72 % de fer, le reste de l’alliage se répartissant en carbone, manganèse et traces d’autres éléments.

Le chrome forme une fine couche d’oxyde protectrice à la surface du métal. Elle se régénère en continu au contact de l’air. Le nickel renforce cette résistance et stabilise la structure de l’acier, si bien que plus il y en a, moins l’ustensile s’oxyde avec le temps. Le prix suit la même courbe.

Le test de l’aimant et la compatibilité induction

Un inox riche en nickel comme le 18/10 n’est pas magnétique. Une plaque à induction, elle, ne chauffe que les métaux ferromagnétiques. Un ustensile tout en 18/10 reste donc froid sur une plaque à induction, sauf construction particulière. Les fabricants ajoutent alors un fond en inox 18/0 ou en acier magnétique, encapsulé sous la semelle. L’ensemble devient compatible sans renoncer à la qualité de la surface intérieure.

Le test de l’aimant permet de vérifier ce point avant l’achat. S’il colle sur le fond extérieur, l’ustensile fonctionne sur induction. S’il colle aussi à l’intérieur, la surface au contact des aliments perd une partie de sa résistance aux acides.

PFOA, téflon: ce qui est interdit et ce qui ne l’est pas

Le téflon lui-même n’est pas interdit. C’est le PFOA, un composé autrefois utilisé dans sa fabrication, que le règlement européen 2019/1021 a inscrit sur la liste des polluants organiques persistants. Un acte délégué du 8 avril 2020 l’y a ajouté, entré en application le 4 juillet de la même année. La production et la mise sur le marché de la substance sont depuis interdites dans l’Union européenne.

L’interdiction ne garantit pas une absence totale du composé dans tous les produits vendus. En mars 2022, le magazine 60 Millions de Consommateurs a testé neuf poêles antiadhésives, certaines en téflon, d’autres en céramique. Il a détecté des traces de PFOA dans plusieurs modèles pourtant étiquetés « sans PFOA ». L’enquête a aussi repéré deux autres composés perfluorés, le PFHxA et le PFHxS, que l’Institut national de la consommation a jugés anormaux dans ce contexte. Le règlement fixe une limite technique de présence, pas un zéro absolu, ce que l’étiquetage ne précise pas toujours.

Combien d’ustensiles sont vraiment indispensables

Un site consacré au sujet propose une liste qu’il qualifie lui-même de quasi exhaustive. Elle est organisée en familles incluant le conditionnement et la congélation aux côtés de la cuisson et de la découpe. D’autres sites limitent leur liste aux seuls outils de cuisson et de préparation, autour d’une quinzaine d’entrées. L’écart ne vient pas d’un désaccord sur les besoins réels d’un foyer. Il vient de ce que chacun range sous le mot « ustensile de cuisine ».

Matériau Composition Compatible induction Point fort Limite
Inox 18/10 18 % chrome, 10 % nickel Non, sauf fond ajouté Résistance aux acides, neutralité alimentaire Prix plus élevé
Inox 18/0 18 % chrome, nickel négligeable Oui, naturellement magnétique Compatible induction, économique Corrosion plus rapide
Fonte Fer et carbone, sans revêtement Oui Inertie thermique, longévité Poids, entretien anti-rouille
Antiadhésif (PTFE) Revêtement fluoré sur base aluminium Selon la base Peu de matière grasse nécessaire Revêtement à ménager, à remplacer

Planche à découper: bois ou plastique, un choix moins tranché qu’il n’y paraît

En restauration professionnelle, le code couleur des planches par famille d’aliments passe pour une obligation. Ce n’est pourtant pas le cas, comme le confirme un guide professionnel du secteur. La réglementation HACCP impose d’éliminer les contaminations croisées, pas un jeu de couleurs précis. Le code à six teintes s’est imposé comme une pratique de facto, au point que la correspondance exacte entre couleur et catégorie varie d’un fournisseur à l’autre.

La norme professionnelle réserve d’ordinaire le bois à la présentation, charcuterie ou fromage. Elle exclut son usage pour la découpe de viande crue, au nom de sa porosité. Une étude de microbiologie menée en 1994 à l’université du Wisconsin-Madison par Nese Ak, Dean Cliver et Charles Kaspar a pourtant mesuré l’inverse. Douze heures après lavage et séchage, les planches en bois contaminées portaient moins de bactéries que les planches en plastique traitées de façon identique. Le mécanisme tient à la porosité elle-même. Le bois absorbe le liquide contaminé par capillarité, ce qui retire les bactéries de la surface et les piège en profondeur. Elles y meurent progressivement sans reformer de film exploitable au contact d’un aliment. Une étude cas-témoins sur la salmonellose, citée dans les travaux ultérieurs de Cliver, va dans le même sens. Les foyers équipés d’une planche en bois présentaient un risque réduit de moitié par rapport à la moyenne, quand les foyers équipés de planches synthétiques présentaient un risque presque doublé.

Une étude brésilienne menée par Dantas et ses collègues en 2018 aboutit à la conclusion inverse: elle mesure une formation de biofilm sur 60 % des planches en bois testées, contre 40 % pour le plastique. Les deux résultats ne portent pas sur les mêmes conditions. Le travail de Cliver mesure une survie bactérienne après une contamination ponctuelle suivie d’un séchage. Celui de Dantas mesure la formation d’un biofilm après un usage répété en cuisine réelle. L’écart entre la pratique professionnelle et une partie de la recherche microbiologique reste entier. Aucun protocole commun ne permet à ce jour de trancher entre les deux résultats.

Ce qu’aucune liste ne peut dire

Une liste générique ne remplace pas un inventaire adapté à un foyer. Un célibataire qui cuisine peu n’a pas besoin du même faitout qu’une famille de cinq personnes. Un plan de travail à induction rend certains achats obligatoires, quand une cuisinière à gaz les laisse facultatifs. Aucun des deux ne dit non plus quelle fréquence de cuisson justifie d’investir dans un inox haut de gamme. Un modèle 18/0, moins cher mais moins durable, suffit souvent pour un usage occasionnel.

Les chiffres gravés sur un ustensile en disent souvent plus que sa description commerciale. Une poêle vendue comme inox premium reste tenue par la même définition chimique qu’une poêle d’entrée de gamme. Les proportions de chrome et de nickel, elles, changent la durée de vie réelle du produit.