En France, l’Épiphanie tombe le dimanche 4 janvier 2026. C’est ce jour-là que la majorité des foyers partagent la galette des rois, même si la date religieuse fixe reste le 6 janvier. Les deux dates coexistent parce que l’Église catholique autorise, dans les pays où le 6 janvier n’est pas férié, un report au dimanche le plus proche.
Cette règle explique pourquoi la date change chaque année. Elle explique aussi pourquoi plusieurs sites donnent des jours différents pour la même fête. Le reste de cet article détaille le mécanisme, donne les dates jusqu’en 2031 et signale une confusion fréquente sur la formulation de la règle.
Pourquoi le 6 janvier n’est pas toujours le jour retenu
Le 6 janvier correspond au douzième jour après Noël. Dans le calendrier liturgique universel, cette date fixe reste celle de l’Épiphanie et ne bouge pas. Ce qui bouge, c’est le jour où la fête est célébrée publiquement dans les pays où elle n’est pas chômée, dont la France.
Le texte de référence est le motu proprio Mysterii Paschalis, publié par Paul VI le 14 février 1969. Il est entré en application le 1er janvier 1970. Les Normes universelles de l’année liturgique et du calendrier, annexées au Missel romain, précisent au paragraphe 37 la règle applicable. Dans les pays concernés, la solennité est transférée au dimanche compris entre le 2 et le 8 janvier.
Plusieurs sites grand public datent cette réforme de 1977, d’autres de 1802. Aucune des deux années ne correspond à la publication du texte ni à son entrée en vigueur. Le repère fiable reste 1969 pour la publication et 1970 pour l’application effective.
La règle exacte: le dimanche entre le 2 et le 8 janvier
Formulée autrement, la règle donne le même résultat: c’est le premier dimanche qui suit le 1er janvier, à une exception près. Si le 1er janvier tombe lui-même un dimanche, ce jour ne compte pas.
L’Épiphanie est alors reportée au dimanche suivant, le 8 janvier, puisque le 1er janvier est exclu de la fenêtre du 2 au 8. C’est cette exception que plusieurs sites omettent en écrivant simplement premier dimanche de janvier, une formulation ambiguë le jour où le 1er janvier est un dimanche.
Le calcul, avec l’exemple 2026
Le jour de la semaine du 1er janvier détermine tout le reste. En 2026, le 1er janvier tombe un jeudi. Il faut compter jusqu’au dimanche suivant. L’écart est de trois jours: jeudi, vendredi, samedi, dimanche 4 janvier.
Le nombre de jours à ajouter dépend directement du jour de la semaine du 1er janvier. Un jour d’écart si le 1er janvier tombe un samedi, deux jours s’il tombe un vendredi, trois jours pour un jeudi. Quatre jours pour un mercredi, cinq pour un mardi, six pour un lundi. Sept jours si le 1er janvier tombe un dimanche, pour la raison exposée plus haut.
Ce calcul suffit à retrouver la date de n’importe quelle année sans consulter de calendrier. Il permet aussi de vérifier une date annoncée ailleurs plutôt que de la recopier telle quelle.
Les dates jusqu’en 2031
| Année | Jour du 1er janvier | Date de l’Épiphanie célébrée en France |
|---|---|---|
| 2026 | jeudi | dimanche 4 janvier |
| 2027 | vendredi | dimanche 3 janvier |
| 2028 | samedi | dimanche 2 janvier |
| 2029 | lundi | dimanche 7 janvier |
| 2030 | mardi | dimanche 6 janvier |
| 2031 | mercredi | dimanche 5 janvier |
En 2030, la date célébrée coïncide avec la date liturgique fixe du 6 janvier, puisque ce jour-là tombe justement un dimanche. Ce genre de coïncidence revient environ une année sur sept, au rythme du cycle des jours de la semaine.
Le 6 janvier reste-t-il utilisé
Oui, dans deux cas distincts. Le premier concerne les usages traditionalistes attachés au calendrier antérieur à la réforme de 1969. Dans ce cadre, la solennité extérieure suit une logique de calcul différente. Elle se fonde sur le dimanche le plus proche du 6 janvier, non sur la fenêtre du 2 au 8 janvier retenue depuis 1969.
Le second cas est l’usage familial courant, indépendant du calendrier liturgique. Beaucoup de foyers partagent une galette le 6 janvier lui-même, dès lors que ce jour permet à la famille de se réunir. Le dimanche officiel de l’Église ne compte alors pas dans le choix du jour.
Un jour férié en France
Non. La France compte onze jours fériés légaux. L’Épiphanie n’en fait pas partie, contrairement à des pays voisins où le 6 janvier reste chômé. La liste française comprend le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai et le 8 mai. Elle inclut aussi l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet et le 15 août. Elle se termine avec le 1er novembre, le 11 novembre et le 25 décembre, sans qu’aucune de ces dates ne coïncide avec l’Épiphanie.
Écoles, administrations, banques et entreprises fonctionnent normalement le jour de l’Épiphanie, qu’il s’agisse du 6 janvier ou du dimanche de report. Cette situation distingue la France de pays comme l’Espagne, où le 6 janvier reste un jour férié national et où la fête conserve un poids civil plus marqué que la date religieuse française.
Jusqu’à quand acheter la galette
La vente n’est pas limitée à un seul jour. Boulangeries et pâtisseries proposent la galette dès la fin décembre, aux côtés des dernières bûches de Noël et poursuivent souvent jusqu’à la fin janvier.
Certaines maisons prolongent l’offre jusqu’à la Chandeleur, le 2 février. Elles la présentent alors comme une variante de saison plutôt que comme la galette des rois proprement dite. La Chandeleur reste une fête distincte, marquée par les crêpes plutôt que par la fève.
D’où vient cette double tradition
L’association entre le début janvier et un dessert rond, doré, partagé en famille précède le christianisme. Les Saturnales romaines, célébrées fin décembre, comportaient déjà un tirage au sort désignant un roi d’un jour parmi les convives. Les esclaves y participaient eux aussi, le temps de la fête, dans une inversion temporaire des rôles sociaux.
Les premières communautés chrétiennes d’Orient ont associé le début janvier à la manifestation du Christ dès le quatrième siècle, avant que l’usage ne gagne Rome. La fève en céramique remplace depuis le début du vingtième siècle la fève végétale utilisée jusque là. Cette évolution répond à une demande industrielle plutôt qu’à un choix symbolique. Elle a néanmoins donné naissance à la fabophilie, la collecte de fèves, qui compte aujourd’hui plusieurs milliers d’amateurs en France.
Un usage particulier subsiste à l’Élysée. La galette servie au président de la République y est traditionnellement dépourvue de fève, une convention introduite par Valéry Giscard d’Estaing en 1975 et destinée à éviter qu’un chef de l’État ne soit, même pour rire, couronné roi.
Galette feuilletée ou brioche des rois
La forme du gâteau varie selon la région. Dans la moitié nord de la France, la galette désigne un feuilleté rond garni de frangipane. Dans le sud, notamment autour de Marseille et de Toulouse, la tradition privilégie une brioche en couronne, parfumée à la fleur d’oranger et garnie de fruits confits.
Les deux versions se partagent selon le même principe. Une fève cachée dans la pâte désigne un roi ou une reine parmi les convives. Le choix revient traditionnellement au plus jeune, placé sous la table pour distribuer les parts sans voir où se trouve la fève.